21 janvier 2008

Mikhaïl Boulgakov, Le Maître et Marguerite

Boulgakov
Le diable se promène dans les rues de Moscou... Un magnifique roman de l'exil... intérieur. Dans l'univers stalinien hostile à tout ce qui est métaphysique, Boulgakov est un dissident métaphysique qui use d'une ironie féroce pour dénoncer les oeillères de tout dogmatisme qui cherche à faire entrer la réalité dans un système de signes vidés de signification. Ainsi lorsque les deux acolytes du diable tentent de forcer l'entrée de la "Maison des écrivains", s'ensuit ce dialogue (qui pourrait être aisément transposé dans notre contemporaine société du spectacle...) :
"-Mais dites-moi : pour vous convaincre que Dostoïevski est un écrivain, faudrait-il que vous lui demandiez un certificat ? Prenez seulement cinq pages de n'importe lequel de ses romans et, sans aucune espèce de certificat, vous serez tout de suite convaincue que vous avez affaire à un écrivain. (...)
-Vous n'êtes pas Dostoïevski, dit la citoyenne déroutée par les raisonnements de Koroviev.
-Hé, hé ! Qui sait, qui sait ? fit celui-ci.
-Dostoïevski est mort, dit la citoyenne, d'un ton qui, déjà manquait un peu de conviction.
-Je proteste ! s'écria Béhémoth avec chaleur. Dostoïevski est immortel !"

Posté par Carine Fouquet à 23:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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